• Natalia Vallebona: chorégraphie et interprétation.
  • Faustino Blanchut: texte, mise en scène et interprétation.

Le marin perdu a un comme point de départ l’inspiration du chapitre « Le marin perdu » du livre « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » du neurologue et écrivain britannique Oliver Sacks (1933-2015) où le patient est bloqué dans le présent, en conflit avec sa mémoire, un passé figé qui ne se modifie plus avec le temps qui passe et un futur qui ne peut exister.

« Si un homme a perdu un oeil ou une jambe, il sait qu’il a perdu un oeil ou une jambe ; mais, s’il a perdu le soi – s’il s’est perdu lui-même -, il ne peut le savoir, parce qu’il n’y a plus personne pour le savoir. » 

-L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau-

La trame

La pièce expose sur scène le présent d’un homme perdu, qui fluctue entre les pièces dispersées du puzzle de sa mémoire. Cette introspection à travers une motricité incongrue, le conduit à effleurer son propre diagnostique: « Moi j’ai perdu ma mé … Moi ». 

Entre instants de lucidité et d’oublis soudains, il voyage sans connaître la destination, ni le point de départ. Le replis est impossible.

Il retrouve un moment seulement une femme, la femme, avec qui tout a commencé, avec qui tout s’est terminé. La femme représente donc un passé douloureux et un souvenir abîmé, détérioré, qu’il ne saisit pas complètement. Une distorsion de la mémoire incarnée par la position à genoux, comme si la femme, cette mariée, serait une image détériorée, pas entière, rapetissée. Et lorsqu’ils revivent leur rencontre, ils se retrouvent tout les deux à genoux, un retour dans le passé, qu’on se rappel, qu’on tente de déchiffrer.

Ce qui nous intéresse d’explorer avec cette rencontre et l’échec d’une relation, ce n’est pas tant le traumatisme amoureux mais plutôt le terrible timing de la vie et des rencontres. L’amour impossible car consumé trop tôt, l’indisponibilité, l’attente sans fin, les remords … 

Photos de Camilla De Filippis, Hangartfest , Essere Creativo 2019, Pesaro

Le personnage en mouvement

La recherche artistique de cette pièce commence avec la volonté de transposer un matériel scientifique et neurologique en un langage scénique et poétique. 

Nous avons dessiner des personnages, définis leurs façons de s’exprimer corporellement en tentant de comprendre la perte de mémoire, la confusion, la lucidité, la peur, le vieillissement soudain, l’immobilité … 

Par le corps: en s’appuyant sur les gestes concrets, le tic (comme manifestation d’une émotivité oppressée, trahissant un malaise existentiel), le regard, la pensée, le monologue intérieur, l’objectif, la rupture, le rythme … Ce sont donc des personnages qui s’expriment avec leur corps, et la suite et l’enchainement de ces mouvements créent la danse, un langage nécessaire.

Avec le soutien de

  • Hangartfest
  • Mouvement contemporain
  • Micadanses Paris
  • La Bergerie de Soffin
  • Pierino Ambrosoli Foundation
  • Festival Onze Bouge
  • Solocoreografico Torino

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